Home 2018-04-21T19:32:05+00:00

Qu’est-ce que l’ITERP ?

L’ITERP est un consortium de chercheurs implantés dans différents pays du monde. Ils sont issus d’universités et de laboratoires de différentes disciplines : psychologie, science politique, sociologie, psychiatrie, anthropologie, criminologie et mathématique. Il intègre aussi des centres de recherche-action et des associations de prévention qui désirent s’engager dans une démarche d’évaluation de leurs pratiques.

Ils se sont rassemblés dans le but de partager leurs connaissances, leurs méthodes et de comparer leurs approches sur la question de l’évaluation des dispositifs de prévention. Cette coopération scientifique de grande ampleur permettra de mieux cerner l’impact des programmes de prévention sur les populations concernées, mais aussi plus largement d’analyser le phénomène de la radicalisation sous l’angle de la prise en charge.

Pourquoi l’ITERP ?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, de nombreux pays ont mis en place des mesures de prévention de la radicalisation, parfois nommées programmes de «déradicalisation » [deradicalization programs], de «désengagement » [disengagement program] ou de réintégration. L’ensemble de ces mesures font partie de la lutte contre la radicalisation [counter-radicalization], qui est définie par l’ONU comme un ensemble de «programmes sociaux, politiques, légaux, éducatifs et économiques spécialement conçus pour dissuader des individus désabusés de franchir le pas et de devenir des terroristes. Elles s’adressent tout autant aux djihadistes qu’aux extrémistes de droite ou de gauche.

Pourtant l’efficacité de ces programmes reste à prouver. Les représentants politiques s’accordent sur l’importance de mettre en place des évaluations de ces programmes de prévention. Mais elles restent difficile en raison du manque de moyen des structures concernées, des compétences scientifiques requises pour développer une évaluation pertinente et des craintes suscitées par leurs résultats. C’est de ce constat qu’est né le programme de recherche de l’ITERP.

Comment fonctionne l’ITERP ?

Dans chaque pays, l’ITERP établit une collaboration étroite entre des équipes de recherche spécialisées sur la question de la prévention de la radicalisation, des responsables de programmes de prévention et des structures dédiées à la prise en charge. Sa démarche est celle de la co-construction des outils d’évaluation en partenariat avec les structures. Les responsables des programmes évalués sont directement impliqués dans la démarche d’évaluation. Chercheurs et intervenants déterminent ensemble les paramètres retenus, les outils d’évaluation utilisés et les méthodes de formalisation des résultats. Les associations peuvent s’opposer à la publication des résultats de leurs évaluations. L’ITERP s’engage à ne diffuser aucune information sur l’identité des structures impliquées, les personnes suivies et à anonymiser toutes les données recueillies lors des entretiens et des rencontres avec l’équipe. Ces données anonymes seront par la suite modélisées mathématiquement afin de pouvoir établir des corrélations entre les profils des personnes prises en charge, la forme de la structure, les théories du changement au fondement du programme de prévention, l’âge, etc.

Quels sont les objectifs de l’ITERP ?

  1. Créer la première base scientifique mondiale sur la question de l’évaluation des dispositifs de prévention.
  2. Evaluer les mesures de prévention de la radicalisation dans différents pays du monde.
  3. Comparer les résultats de ces évaluations afin d’identifier les formes de dispositifs qui fonctionnent le mieux en fonction des profils des personnes.
  4. Informer et sensibiliser les décideurs et les responsables des mesures de prévention de l’importance de l’évaluation des dispositifs.
  5. Favoriser la collecte des données empiriques utiles à l’évaluation.
  6. Fournir aux équipes, aux associations ou aux organismes politiques qui n’ont pas les moyens d’employer une personne dédiée à l’évaluation un cahier des charges et des outils qui faciliteront leur auto-évaluation.
  7. Contribuer à l’amélioration de la prise en charge des personnes radicalisées en fournissant aux structures les moyens d’intégrer dans leur programme de prévention un volet d’évaluation de leur pratique et de leurs actions qui contribuent à leur évolution.
  8. Mesurer les impacts des programmes de prévention à la fois sur les personnes prises en charge et les populations.

L’éthique de l’ITERP

Le partenariat entre l’ITERP et ses équipes est fondé sur l’entraide, la complémentarité, la confidentialité, le respect des différences de points de vue et le refus des rapports hiérarchiques. Tous les membres de l’ITERP sont considérés comme des porteurs à part égaux du projet. L’ITERP est engagé contre les discriminations sous toutes ses formes.

L’ITERP s’oppose fermement à l’établissement d’une hiérarchie entre les programmes de prévention et à l’imposition d’une évaluation dans l’accord et la participation active des personnes impliquées. L’évaluation ne doit pas être perçue comme un jugement négatif s’imposant de l’extérieur, mais au contraire comme un moteur de progrès et de renouvellement des pratiques. L’ITERP ne publie aucune information sur ses partenaires. Toutes les données d’évaluation conservés sont immédiatement anonymisées ce qui permet d’éviter tous les risques liés à la diffusion d’informations. Les membres de l’ITERP signent une charte de confidentialité et une charte éthique. Les structures et les équipes de recherche impliquées dans ce consortium disposent d’un droit de retrait permanent.

L’ITERP rassemble déjà de multiples équipes, mais nous comptons sur votre soutien logistique ainsi que sur votre participation scientifique pour pouvoir étendre ce réseau à tous les pays du monde. Ce programme de collaboration sera officiellement lancé en septembre 2018.

Pour toute information, contactez-nous sur : contact@consortium-iterp.com